L’internationale (version française)

L’INTERNATIONALE


À l’origine, il s’agit d’un poème à la gloire de l’Internationale ouvrière, écrit par le chansonnier, poète et goguettier Eugène Pottier en juin 1871.

Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

L’État comprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Les Rois nous saoulaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

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7 réflexions sur “L’internationale (version française)

  1. Sa vérité d’homme fit sa vérité de poète, portant en lui trois blessures: d’amour, la mort, de la vie. Et surtout les blessures de son peuple. Sa joie d’écrire en gravant dans sa tête les mots avant de les coucher sur papier, lors de ses longues marches, se transmet dans la passion de ses mots. Sa liberté insolente, son authenticité profonde, son éthique qui lui fera refuser toute compromission même pour sauver sa vie, en font une figure inaltérable de poète debout, de l’homme debout. Un homme solidaire et solaire, ardent artisan des mots. Il est mort les yeux ouverts, physiquement et symboliquement, confiant dans les hommes. Le pasteur d’Orihuela fait maintenant paître ses mots dans les prairies d’étoiles et il court toujours après ses chèvres avant que nulle ne nous manquent les jours de grande faim de l’espoir.

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  2. Ponty publia à cette époque dans différents recueils : Mon ombre, Travail et Plaisir, Point d’hyménée, Défense de la barbe et quantité d’autres couplets qui ne manquent pas de valeur, puis continuant à lire et à étudier, le joyeux chansonnier, qui touchait à la trentaine, se métamorphosa tout-à-coup et ne produisit plus que des œuvres sérieuses. Il correspond dès lors avec Béranger , Michelet , George Sand , il s’affilie à la famille Saint-Simonienne et s’occupe avec amour de toutes les questions philosophico-politiques à l’ordre du jour, qu’il discute et enseigne avec toute l’ardeur d’un néophyte, par des articles dans le Bon Sens et autres journaux de la même nuance, et lorsqu’on 1840 , Olinde Rodrigues révéla au monde politique et littéraire la pléiade des poètes de l’atelier par la publication des Poésies sociales des ouvriers. Ponty, qui a trois pièces importantes dans ce livre, fut un des plus remarqués.

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  3. Une fois la tempête des haines de Brassens passée, il faut tout de même rendre justice au poète : Brassens sait être humain et compréhensif – à quelques occasions. Brassens aime ceux qui protègent les défavorisés, à condition qu’ils le fassent à titre privé. L’auvergnat et la bonne Jeanne sont récompensés d’avoir prêté du feu à Brassens lorsque les croquantes et les croquants lui avaient fermé la porte au nez. A ces deux chansons, il faut rajouter encore deux autres, dans lesquelles Brassens fait le portrait plein de commisération de deux êtres vivants – et non pas de parias cette fois-ci. Ils auront travaillé toute leur vie sans avoir le temps de voir le soleil. Mais deux chansons, sur 250, c’est peu. Nous ne sommes pas au bout de nos découvertes : suprême étonnement !, Brassens s’amende. Il précise que tous les policiers et tous les curés ne sont pas dignes des pires insultes. La race des curés et celle des policiers est donc sauvée par quatre chansons, qui racontent des histoires dans lesquelles ces deux protagonistes se sont comportés de façon exemplaire. Ce qui arrête les jurons dans la bouche du poète de Sète.

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  4. Ponty publia à cette époque dans différents recueils : Mon ombre, Travail et Plaisir, Point d’hyménée, Défense de la barbe et quantité d’autres couplets qui ne manquent pas de valeur, puis continuant à lire et à étudier, le joyeux chansonnier, qui touchait à la trentaine, se métamorphosa tout-à-coup et ne produisit plus que des œuvres sérieuses. Il correspond dès lors avec Béranger , Michelet , George Sand , il s’affilie à la famille Saint-Simonienne et s’occupe avec amour de toutes les questions philosophico-politiques à l’ordre du jour, qu’il discute et enseigne avec toute l’ardeur d’un néophyte, par des articles dans le Bon Sens et autres journaux de la même nuance, et lorsqu’on 1840 , Olinde Rodrigues révéla au monde politique et littéraire la pléiade des poètes de l’atelier par la publication des Poésies sociales des ouvriers. Ponty, qui a trois pièces importantes dans ce livre, fut un des plus remarqués.

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  5. « Portrait de celui qui, en presque quarante ans de chansons et de poésie – mais aussi de théâtre et d’écriture de nouvelles – a construit une œuvre marquée par les tragédies du monde, la mémoire de l’exil, mais encore et toujours la fraternité, l’amour et l’amitié. « Voici le temps des bilans de l’usure Aux feux croisés de nos forges intimes Je veux l’amour absolu jusqu’au bout Face à la verte et dernière beauté Maintenant » Maintenant comme hier. La même force, le même lyrisme, la même douleur et la même beauté. Il est vrai qu’il n’a pas perdu en gravité, Bruno. Ni en fidélité : un maître mot chez lui. Fidélité à la poésie (« Si je me tais moi-même je trahis »), à la compagne (« Le temps dérive / Mais tu restes présente / Aux clameurs des années »), à l’Espagne, cicatrice jamais refermée (une chanson évoque le village en ruine de Belchite et ce « vieux soldat qui tant se traîne »), fidélité à « l’épaisseur des morts », mais encore fidélité à la Terre : « Je n’en finirai pas de vous dire merci D’avoir su me convaincre que le monde est ici. » Michel Baglin.

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  6. Quelle différence entre celui qui tombe parce qu’il a mal lacé ses chaussures et celui qui tombe parce que quelqu’un lui a fait un croc-en-jambe ? Le résultat est le même, alors à quoi bon chercher la responsabilité. Il y a ceux qui ont la force de se relever tout seuls, d’autres non. On ne choisit pas sa force, responsabilité zéro. Il y a ceux qui sont aidés pour se relever, d’autres qui sont laissés par terre. Responsabilité aucune, la vie n’est qu’une suite de hasards.

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